Par Martin Péneau dans les catégories Automobile |Baselworld |Baselworld 2010 |Chronographe |Montres suisses |SALONS |Sport
Le chronographe TAG Heuer 1887 a déjà fait beaucoup parlé de lui en cette année 2010. En effet, si le service communication de TAG Heuer affirme qu’il s’agit d’un mouvement manufacture, il semblerait, d’après certains forums spécialisés, que le calibre 1887 n’est qu’une copie du calibre Seiko 6S37.

Dès 2006 TAG Heuer avait pour projet de développer, de produire et d’assemble un calibre chronographe, afin d’acquérir une plus grande autonomie vis à vis de ses fournisseurs d’ébauche. En somme, comme l’explique le CEO de TAG Heuer, l’objectif était de faire de TAG Heuer une véritable manufacture. Il semble néanmoins que si ce calibre 1887 est bien produit et assemblé 100% in-house, le mérite du développement reviendrait à Seiko, puisque certaines caractéristiques du calibre 6S37 se retrouvent largement dans le calibre TAG.

Les principales pièces du mouvement qui l’anime (platine, planche de masse oscillante et ponts), ainsi que sa boîte, sont fabriquées en interne par TAG Heuer dans son usine Cortech à Cornol, dans le Jura. Ces ateliers à la pointe du progrès sont équipés de machines et robots suisses d’avant-garde capables d’estamper, de fraiser et de terminer les pièces avec une précision de l’ordre du micron. Cortech héberge aussi le premier robot suisse capable de sélectionner et de sertir automatiquement les 39 pierres du Calibre 1887.

Le Calibre 1887 est une plateforme intégrée de mouvement de chronographe à roue à colonnes/pignon oscillant de technologie très avancée. Il a été développé à partir d’éléments sous la propriété intellectuelle de Seiko Instruments Inc (SII), qui les a conçus et brevetés sous le nom de TC78 en 1997/99, s’imposant ainsi comme l’une des plus récentes constructions dans l’univers des chronographes de pointe (dont la plupart remontent aux années 1970 ou au début des années 1980).

Après avoir acquis les droits de propriété intellectuelle auprès de SII, TAG Heuer a consacré les trois dernières années à reconstruire et redévelopper des composants clés tels que les ponts de l’assortiment et la platine, ainsi qu’à apporter des adaptations et des modifications techniques majeures notamment un système excentrique permettant le réglage en position du pignon oscillant (initialement breveté par Edouard Heuer en 1887).
TAG Heuer s’est également associé à 22 fabricants de composants de qualité (parmi lesquels 21 suisses) en vue de redévelopper d’autres composants majeurs tels que l’assortiment, les amortisseurs de chocs et les éléments de raquetterie.

L’assemblage final est réalisé sur une ligne semi-automatique dans un tout nouvel atelier dédié au sein de l’usine TAG Heuer à La Chaux-de-Fonds (Neuchâtel), dans des conditions hors poussière et entièrement hermétiques. La traçabilité de chacun des mouvements, soumis à 116 séquences de mesure dans le cadre d’un contrôle qualité rigoureux, est assurée par un logiciel haute-performance. Des stations entièrement automatisées, personnalisées par un spécialiste suisse de machines T0 et T1, alternent avec celles nécessitant des interventions manuelles –les spécialistes horlogers de TAG Heuer restent ainsi maître de l’ensemble du processus.

Avec 28 800 oscillations par heure, le Calibre 1887 est constitué de 320 composants et de 39 pierres pour une dimension de 29,3 mm x 7,13 mm. Il dispose d’une réserve de marche de 50 heures. « Moteur » puissant, robuste et d’entretien facile, il abrite une version audacieusement revisitée du pignon oscillant, sa source d’inspiration brevetée par la marque en 1887, assorti d’une roue à colonnes. Le pignon oscillant, breveté en 1887 par Edouard Heuer, fonctionne en tandem avec la roue à colonnes, à la manière d’un système de transmission automobile.

La roue à colonnes, qui assure la coordination des fonctions de départ, d’arrêt et de remise à zéro des aiguilles du chronographe, fonctionne selon le principe d’une boîte de vitesses. La douceur et la précision de l’enclenchement de son bouton-poussoir est l’expression de l’excellence de l’horlogerie haut-de-gamme.

Le pignon oscillant fonctionne comme un embrayage. La version optimisée du Calibre 1887 permet au chronographe de s’enclencher en moins de 2/1000e de seconde. Le Calibre 1887 est également doté d’un système HER (High Efficiency Rewinding) est réputé auprès des experts en horlogerie comme étant le dispositif de remontage le plus efficace au monde.

En effet, son mécanisme automatique bidirectionnel délivre une puissance de 30 % supérieure à celle du système d’inversion traditionnel utilisé dans la plupart des chronographes suisses. Le HER est également réputé pour sa grande fiabilité et sa robustesse.

A travers le magnifique fond de boîte en verre saphir, la TAG Heuer Carrera 1887 dévoile fièrement ses composants phares: le mouvement pour chronographes mécaniques Calibre 1887, avec sa roue à colonnes bleue, son balancier spiral suisse de grande qualité pourvu d’une finition micro-blazée et sa masse oscillante TAG Heuer. L’échelle tachymétrique sur la lunette polie satinée évoque son histoire dans le milieu des courses automobiles, et son cadran argent et noir, aux finitions et proportions de qualité, en font un grand classique dans la tradition Carrera.

Étanche jusqu’à 100 mètres, son bracelet unique, avec boucle déployante, est muni de doubles poussoirs à pression latérale pour une sécurité maximale, une utilisation aisée et un plus grand confort. La matière luminescente sur les aiguilles et les index assure une lisibilité rapide et optimale, quelles que soient les conditions de luminosité.

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4 commentaires
Andréas Guyot
août 24th, 2010 at 7:39
1Même si il y a du Seiko, il n’y a vraiment pas de quoi en faire un débat, d’autant plus que cette marque japonaise de 1881, n’a pas à avoir honte de quoique ce soit en matière d’horlogerie.
Les dits spécialistes ne reprochent jamais aux différentes marques, et manufactures Suisses, d’avoir des composants d’un ou des autres, à commencer par les spirales, et j’en passe.
non, c’est encore un faux débat, voir un faux événement, Asiatique contre Suisse.
Horloger
août 24th, 2010 at 14:54
2Peut-être pas une si fausse nouveauté que cela.
En effet, je pense que TAG Heuer commence avec un calibre « inspiré » sur du Seiko mais ce n’est que un premier pas.
L’objectif avoué est, bien entendu, de devenir une manufacture à part entière.
Sans aucun doute, un futur best-seller de TAG Heuer.
Ze White Rabbit
août 24th, 2010 at 15:13
3En dévoilant ce calibre en décembre dernier TAG Heuer choisit de donner le moins d’informations, comme s’ils cherchèrent à dissimuler leur collaboration avec Seiko, plutôt que de donner trop d’informations et risquer de créer un amalgame. Malheureusement les forumeurs aiment fouiner et une simple comparaison visuelle permit de reconnaître la filiation Seiko du calibre 1887.
Monsieur Babin dut monter lui-même aux arènes pour calmer le jeu sur les forums, et nous avons à présent droit à une liste exhaustive des apports techniques que la marque a ajoutée au calibre; mais le mal est déjà fait…
On oublie que les montres affichent toutes le temps dans une mesure créée par les Égyptiens avec des subdivisions créées par les Babyloniens. Les calibres mécaniques utilisent presque tous le principe du balancier, découvert par un hollandais, et les fondements de la micro-mécanique mis en place par des luthériens français. Que ce calibre 1887 soit fiabilisé en suisse et adapté à l’industrialisation, personne ne le remet en question.
L’étendue du savoir-faire de Seiko est impressionante: Dans les années 1980 elle est la première manufacture à fabriquer en série un chronographe analogique à quartz. Dans les années 2000, elle parachève le mariage du mécanique et du quartz avec ses calibre hybrides. Toute association avec Seiko ne peut qu’être bénéfique à une maison d’horlogerie. Évidemment, ça ne fait pas très glamour quand on revendique une suissitude mythologique, un prestigieux passé de créateur micro-mécanique et que l’on présente des concepts mécaniques « maison » à tour de bras… et que l’on doive acheter ses plans de mouvements au japon.
Martin Péneau
août 24th, 2010 at 16:18
4Je vous avouerai que j’avais passé sous silence cette nouveauté TAG Heuer pour éviter de tomber dans cette fausse polémique. C’est vrai que les forums ont cette fâcheuse tendance à crier au complot sur certains points, alors qu’ils se contrefoutent de certaines autres informations pourtant toutes aussi intéressantes.
Seiko est en effet la marque la plus impressionnante du marché actuel, avec des montres premiers prix en quartz ou en auto (les plongeuses auto Seiko sont de véritables pépites) et des modèles super haut de gamme: les répétitions minutes Crédor. Que demander de plus?
Certains répondront sans gêne: ce n’est pas swiss made. Mais a-ton encore besoin d’argumenter contre de telles inepties?
Seiko est une référence, un point c’est tout. Et les suisses devraient prendre exemple!
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