Par Martin Péneau dans les catégories EN BREF
L’information est passée presque inaperçue dans le flot des nouveautés horlogères présentées au SIHH, au GTE et WPHH. Alors pour ceux qui n’auraient pas suivi l’affaire: BNB est en faillite, par manque de liquidités. C’est un évènement assez grave dans le monde horloger, car BNB fourni des calibres pour de nombreuses marques, qui risquent très gros dans cette affaire.
Imaginez: votre banque fait faillite (ça aurait très bien pu se passer en 2008 et les argentins en ont subi ce cas de figure dans les années 90). Quel est votre premier réflex? Vous courrez au guichet de votre agence pour tenter de récupérer vos économies. Les mises en faillite sont extrêmement graves pour les employés de l’entreprise, mais aussi pour ces clients. Lorsque la CAMIF (entreprise de vente par correspondance) a fait faillite, de nombreux clients qui avait pourtant payé d’avance, n’ont jamais reçu leur commande. Et très franchement, tout ce qui reste à faire, c’est se résigner.
C’est exactement ce qui s’est passé pour BNB, puisque les clients se sont empressés de récupérer leurs commandes déjà payées, ou plus maccabre, ceux qui rechignaient à payer se sont eu xaussi rendus aux portes de BNB, déclarant qu’ils avaient obtenu quelques liquidités. Malheureusement, la grande majorité des clients n’avaient pas encore les moyens de réunir les sommes qui leur aurait permis d’honorer leur contrat, Fin de l’histoire BNB!
La faillite de BNB est une tragédie pour de nombreuses marques horlogères, une tragédie qui sera d’autant plus grande que la le client est petit. Si Bell & Ross ou Concord ne peuvent pas récupérer les mouvements commandés, ce n’est pas une catastrophe, puisque leurs mouvements d’entrée de gamme sont made in ETA.
Pour une marque comme celle de Marc Alfieri, c’est bien différent: avec un seul modèle au catalogue et ne déclinaison pour Louis Vuitton, ça sera beaucoup plus difficile de se remettre de la faillite de BNB qui produisait le mouvement de la TME 01 Tourbillon.
Et que dire La Confrérie Horlogère, une marque lancée par BNB pour promouvoir de jeunes talents? Il y a quelque temps, un commentaire avait été déposé sur l’article concernant David Rodriguez. C’était David Rodriguez, ou plutôt comme je l’ai supposé à cet instant, quelqu’un qui se faisait passer pour lui. ce commentaire disait que Rodriguez avait été licencié de la Confrérie et faisait part aux lecteurs des ennuis qu’il travaersait. Malheureusement, je l’ai supprimé, pensant qu’il s’agissait d’une arnaque. J’aurai du lire la brève de Grégory Pons sur la restructuration de BNB début novembre, ça m’aurait mis la pue à l’oreille (60 licenciements déjà à l’époque!).
Donc si ce commentaire a bien été écrit par vous, Monsieur Ridriguez, veuillez m’en excuser. Je serai heureux de recueillir à nouveau vos propos pour que vous nous expliquiez comment vous avez vécu personnellement les denriers mois de BNB.
BNB disparu, avec à sa suite La Confrérie Horlogère, qui sera capable de réviser ou réparer certains modèles complexes, comme la Clé du temps Tourbillon ?
Mais que c’est-il vraiment passé. Grégory Pons le raconte très bien lui-même:
- Des frais de fonctionnement disproportionnés pour les revenus réels de la structure (on parle aujourd’hui d’une dette de plus de 3 millions de francs suisses auprès des organismes sociaux), avec une masse salariale écrasant, l’amortissement très lourd d’un siège social et le financement d’un parc machines sans doute surdimensionné.
- Des impayés clients de plus en plus ingérables, les « petites marques » indépendantes qui achetaient leurs complications chez BNB rechignant à honorer leurs commandes sous des prétextes tantôt crédibles, tantôt fantaisistes.
- Une mésentente grandissante avec le fonds d’investissement qui avait financé la croissance échevelée de BNB et qui se trouvait lui-même en difficulté, du fait de son propre « lâchage » par la banque d’affaires Natexis
Bref, il s’agissait vraiment d’une chronique d’une mort annoncée.
Et s’il pouvait exister un espoir, il viendrait sans doute du côté du groupe Franck Muller, présidé par Vartan Sirmakes qui a déjà fait une demande officielle de rachat. Hublot souhaiterait de son côté reprendre certains employés BNB. Pourquoi tant de convoitises? Ce n’est bien entendu aucunement de la bienveillance. Pour Hublot, cela lui permettrai de mettre la main sur un réel savoir-faire. Et pour Franck Muller, c’est plus maccabre.
Là aussi, c’est Grégory Pons qui résume le mieux la situation: acquérir un atelier de haute horlogerie multi-spécialiste et multi-marques est un avantage stratégique indéniable vis à vis de la concurrence et de plus, la poosibilité s’offrirait au groupe Franck Muller de « pratiquer le prix de son choix sur les mouvements qui restent à livrer aux différentes marques clientes de BNB – dont certaines ont très cyniquement refusé de prendre livraison (contre argent comptant) des mouvements déjà montés et disponibles, en expliquant qu’elles préféraient attendre de les racheter à prix écrasés au futur liquidateur » (Cf. Brèves 1325). Lugubre… Une telle opportunité ne se présente pas deux fois, aussi Richemont risque de se lancer dans les enchères. Affaire à suivre!
Tags:Bell & Ross, Concord, David Rodriguez, La Confrérie Horlogère, Louis Vuitton, Marc AlfieriOCCASION : Voir toutes nos annonces de montres d'occasion
3 commentaires
Rodriguez David
janvier 26th, 2010 at 16:53
1Cher Monsieur Martin Péneau ,
Je suis bien la personne qui avait écrit le texte .
Je suis actuellement dans une situation très difficille car le fait d’avoir été licencié à entraîné plusieurs ennuis .
A l’heure actuelle , je suis chez moi et essaye de ne pas sortir ,car tout est chère et quand vous n’avez pas reçu de salaire depuis le salair de Novembre 2009 , vous ne pouvez même pas vous donner le luxe de vous payer un café dans un bar .
Heureusement que dans des situations comme la mienne , les vrais amis ne vous lâchent pas !!! même si mes vrais amis sont eux aussi des » galèriens » mais c’est dans la misère que l’on doit s’entraider .
Je garde une fois en Dieu qui m’aide tous les jours et me bat pour m’en sortir .
Pour ceux qui le veulent , je vous laisse mes coordonnées car un coup de fil , c’est si facil !!! et çà encourage ! MERCI .
DAVID RODRIGUEZ
David Rodriguez
Rue du Seyon 11
2000 Neuchâtel
Tel : ++41.(0) 32.544.40.05
e-mail : saphirproduction@hotmail.com
Martin Péneau
janvier 26th, 2010 at 17:14
2Je suis vraiment désolé d’avoir effacé votre premier commentaire. Veuillez m’en excuser. Si vous avez un message à faire passer, une annonce, n’hésitez pas à m’écrire un mail, je verrai ce que je peux faire pour vous aider.
Avez vous des projets pour rebondir? un dessin de montre qui vous aiderait à vous faire accepter dans une autre entreprise?
Je trouve vraiment dommage que vous vous retrouviez dans cette situation, j’avais vraiment été touché par votre Tourbillon Résilience.
Je vous souhaite un bon courage.
FAMELART
janvier 26th, 2010 at 22:52
3Les grands artistes sont toujours reconnues trop tard…
Bon courage David, je suis également sans emploi…
Michel.
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