Par Martin Péneau dans les catégories Genève 2010 |Montres suisses |SALONS
Cette nouveauté présentée à Genève est une montre anniversaire, créée en l’honneur des 40 ans de la première montre à quartz de Girard-Perregaux et du 35ème anniversaire de la collection Laureato. Fonctionnant avec un mouvement à quartz, cette montre Girard-Perregaux brise en quelque sorte un certain tabou dans la haute horlogerie mécanique.

Girard-Perregaux a été un pionnier dans l’historie des montres à quartz puisque c’est elle qui détermina entre autres la fréquence de 32 768 Hz, désormais adoptée comme standard universel par tous les fabricants de montres à quartz. En tout, Girard-Perregaux a déposé plus de 80 brevets dans ce domaine.
Cette montre destinée reprend les attributs qui ont fait le succès de la collection Laureato, depuis son premier lancement en 1975. Le design du modèle se caractérise par une lunette en relief octogonale alternant surfaces polies et satinées.

Cette série limitée perfectionne encore l’ergonomie du modèle original: son profil plus fin épouse le galbe du poignet. Le bracelet en acier est parfaitement intégré dans le boîtier, et pour renforcer le style dynamique, le cadran gris est orné d’un motif en damier. Les appliques des heures et le rehaut supportant l’indication des minutes confèrent une profondeur supplémentaire au design. Tandis que les aiguilles des heures et des minutes sont luminescentes pour faciliter la lisibilité dans la pénombre, l’aiguille des secondes se profile en rouge. La subtile touche écarlate se retrouve en écho sur le dateur inspiré des années 1970 et sur la mention « 32 768 Hz ». Celle-ci est inscrite à 6 heures, en hommage au rôle déterminant de Girard-Perregaux dans la mise au point de la technologie du quartz.

Le calibre GP13500 bat bien entendu à la fréquence de 32 768 Hz. Il est manufacturé dans les ateliers de Girard-Perregaux, qui portent tout autant d’attention à ses performances techniques qu’à ses finitions hors normes et absolument inhabituelles pour un mouvement fonctionnant à quartz. Le fond transparent permet de contempler le mouvement à la décoration cotes de Genève et dont les vis sont en acier bleui. Le cache-pile est personnalisé, évoque le célèbre pont du Tourbillon de Girard-Perregaux et est frappé du logo de la Manufacture.

L’histoire du quartz chez Girard Perregaux
Dans les années 1960, Girard-Perregaux est l’une des rares marques à posséder un Département de Recherche & Développement intégré, ce qui lui permet de se confronter rapidement à une des plus grandes révolutions de l’histoire de l’horlogerie: l’arrivée de l’électronique. A cette époque, concurrence était acharnée: Japonais, Américains et Suisses se lancent dans une véritable course pour développer les applications de la technologie du quartz et l’utiliser dans des volumes aussi réduits que ceux d’une montre bracelet. Les progrès technologiques dans la miniaturisation de composants électroniques, les développements pour réduire les organes internes de la montre, les résonateurs à quartz et micromoteurs et la mise au point de piles fiables vont rendre cette révolution possible.
Girard-Perregaux prend alors un parti-pris audacieux. Alors que la plupart des horlogers suisses entreprennent des recherches conjointes en les confiant au Laboratoire Suisse de Recherche Horlogère (LSRH) puis au Centre Electronique Horloger (CEH) à partir de 1962, la Manufacture se lance seule dans l’aventure. Il semblait alors impensable qu’une maison poursuive des recherches de façon autonome. Pourtant, Girard-Perregaux affirme sa volonté de ne pas voir ses approvisionnements dépendre de fournisseurs communs à l’ensemble de l’industrie, ni les produits de la Marque construits autour du développement d’un mouvement qui serait un standard commun. L’entreprise crée un Département de Recherche Electronique en 1966. Elle engage un jeune ingénieur-électronicien, Georges Vuffray, en prévoyant un programme en trois volets essentiels :
- construction d’une horloge mère à quartz.
- construction d’une pendulette à quartz.
- construction d’une montre-bracelet.
Elle se dote également de nouveaux locaux et machines, d’outillages complexes et forme des collaborateurs à la nouvelle technologie.
Pendant ce temps, les recherches du CEH avancent : après avoir construit les premiers prototypes de montres-bracelets à quartz, il entend procéder le plus rapidement possible à son lancement commercial. La concurrence s’intensifie également avec les sociétés japonaises qui soumettent des prototypes de montres à quartz à l’Observatoire de Neuchâtel.
De son côté, Girard-Perregaux accélère ses travaux et réussit un véritable tour de force : en avril 1970, elle présente à la foire de Bâle une montre bracelet à quartz baptisée Elcron, dotée d’un oscillateur à quartz de 8 192 Hz. La Manufacture est parvenue, en toute indépendance, à proposer cette découverte à Bâle en même temps que les montres équipées du Beta 21 du CEH. L’année suivante, elle réalise un nouvel exploit : elle présente une deuxième génération de montre à quartz Girard-Perregaux dont le quartz oscille pour la première fois à 32 768 Hz. Cette fréquence est depuis reprise comme un standard universel.
Le mouvement GP-350 est équipé d’un circuit intégré produit par Motorola qui regroupe l’équivalent de 300 transistors sur une surface équivalente à 5 mm2. Sa consommation est réduite à quatre micro-ampères et autorise une autonomie des piles suffisante. L’écart de marche n’est que d’une minute par an. Pour éprouver ce développement à la pointe de la technologie, Girard-Perregaux le soumet à l’Observatoire de Neuchâtel. Pour la première fois, des montres bracelets à quartz passent avec succès les tests statiques et dynamiques. Après 38 jours de tests, les montres à quartz Girard-Perregaux sont certifiées par l’Observatoire de Neuchâtel en 1971-1972, démontrant leur précision exceptionnelle et leur fiabilité.
Grâce à une conception technique avancée, à la capacité de la Manufacture à industrialiser cette innovation à un prix compétitif, les montres à quartz Girard-Perregaux connaîtront un grand succès commercial. Plus de 20 000 exemplaires du mouvement GP350 seront ainsi produits pour Girard-Perregaux et d’autres marques. Quelques années plus tard, en 1975, la Manufacture décide de dédier à ses avancées dans le domaine du quartz sa dernière collection: Laureato.
Tags:Girard-Perregaux
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18 commentaires
Jonathan
janvier 20th, 2010 at 15:55
1La piece est belle
Gaet
janvier 20th, 2010 at 19:04
2Les finitions du mouvements quartz aussi d’ailleurs… Jamais j’aurai un jour pensé écrire ces lignes…
Martin Péneau
janvier 20th, 2010 at 19:41
3C’est vrai que c’est bluffant.
Patek Philippe aussi a des mouvements quartz dans son catalogue et ça vaut aussi le coup d’oeil!
En fait, le quartz n’a de répugnant que son mode de production. Si c’est fait dans les règles de l’art, avec un réel savoir-faire, why not?
Je suis vraiment en trian de virer de bord cette année: je détestais Rolex, j’apprends à aimer, je ne voulais pas entendre parler de montres chinoises, et je suis désormais séduit par les Sea-Gull et ses calibres assez bien finis et maintenant le quartz!
Mais où cela me mènera-t-il? !!!
FAMELART
janvier 20th, 2010 at 21:18
4Attention de ne pas franchir certaines barrières, car après on sait pas ou ça mène.
Mode humour…
Michel
Martin Péneau
janvier 20th, 2010 at 22:51
5euh? la contrefaçon???
Florent
janvier 20th, 2010 at 23:15
6Mouais…Peut-être bluffant à prime abord, mais je crois lassant au bout de 5 minutes…
Aucune magie.
Martin Péneau
janvier 20th, 2010 at 23:44
7C’est vrai que l’exactitude brute du quartz peut paraître ennuyeuse… Les retards et avances successifs des mouvements mécaniques a quelque chose de poétique. C’est vraiment de la post-modernité!
FAMELART
janvier 21st, 2010 at 10:57
8bonjour à tous,
Ce qui me déplait le plus dans le quartz c est que contrairement à la micro-mécanique on ne peut léguer à nos enfants voir nos petits enfants ces montres qui véhiculent une histoire forcément, le témoignage du temps qui passe et qui nous rappelle que des personnes parfois inconnues meme les ont portés , on ne peut en faire de meme pour les quartz, leurs temps de vie étant limitées, nous sommes dans ce système moderne du jeté qui pour ma part ne me convient pas beaucoup , regardez cet engouement pour tout ces objets anciens, je pense que je ne suis pas le seul à avoir cet état d esprit , c est pour ça , je pense que le quartz n a pas d ame malgrès sa précision, sa qualité se transforme en défaut majeur avec le temps qui passe car ne fonctionnant plus au bout du chemin tandis que nos toquantes plein de défauts ont une qualité primordial, la longévité et par la meme la transmission;
Michel.
re[NO]
janvier 21st, 2010 at 12:42
9@ FAMELART
« (…) on ne peut en faire de meme pour les quartz, leurs temps de vie étant limitées, (…) »
J’ai hérité de la Speedmaster LCD (calibre 1620) de l’un de mes oncles. C’est une montre à quartz de 1977 (seule année de production pour ce modèle).
Elle est restée plusieurs dizaines d’années sans fonctionner, AVEC LES PILES à l’intérieur ! Pour « noircir » encore un peu plus le tableau, mon oncle était un gros fumeur, et la montre était « incrustée » de dépôts noirâtres :-$
Quand j’ai entrepris de la ramener à la vie, je n’espèrais pas grand chose.
J’ai tout démonté et fait un nettoyage sommaire.
Grosse surprise : les piles n’avaient pas fuit ! (juste une, très peu).
J’ai remis des batteries neuves, et zou, la montre est repartie ! \o/
L’histoire de la bête pour ceux que ça intéresse (en anglais, désolé) :
http://forums.watchuseek.com/showthread.php?p=1677008
Comme quoi, l’histoire des quartz qui ne durent pas, c’est relatif ;-)
Bien entendu, c’est un peu biaisé dans la mesure où il s’agit d’une Omega, mais j’ai toujours ma CASIO de 1986 qui fonctionne impeccablement.
FAMELART
janvier 21st, 2010 at 12:57
10@ Re (NO)
Les exceptions qui confirment les régles…
Quand on parle d un sujet on parle de généralité, pas d exceptions qui confirment les régles.
Bien cordialement
Michel.
Florent
janvier 21st, 2010 at 14:32
11Exception, exception, n’importe quel quartz, on change la pile et hop!
(si tant est qu’on ne l’ai pas laissé pourrir 30 ans avec les piles couler à l’intérieur évidemment).
A mon avis la différence ne se situe pas là. La différence est (pour moi) dans le fait que les mouvements mécaniques sont magnifiques à regarder battre, hypnotiques, vivants, poétiques (aussi vrai côté cadran). Il y a de l’anthropomorphisme là-dedans.
Et si en plus le mouvement admet des finitions hors-pair, ça devient magique!
A contrario du quartz… Aucune magie/intérêt à regarder le mouvement présenté ci-dessus, et même avec n’importe quel niveau de finitions.
Aucune envie de le voir, de l’avoir.
C’est pourquoi ça me semble un peu vain cette tentative de tirer le quartz vers le luxe et de lui faire une place prépondérante.
Mais bon, les marketteux vont sûrement gagner quand même.
FAMELART
janvier 21st, 2010 at 14:51
12Oui tout à fait Florent, mais je persiste à dire que le quartz n aura jamais la longévité d une montre mécanique.
Michel
re[NO]
janvier 21st, 2010 at 15:33
13« Quand on parle d un sujet on parle de généralité, pas d exceptions qui confirment les régles. »
Pour ma part, j’ai plutôt tendance à me limiter à l’expérience vécue… les généralités, je m’en méfie comme de la peste ;-)
FAMELART
janvier 21st, 2010 at 17:41
14à chacun sa façon de penser…et surtout de résonner…
Michel
Martin Péneau
janvier 22nd, 2010 at 12:29
15Série limitée à 40 exemplaires, 8500€
Martin Péneau
janvier 28th, 2010 at 16:17
16Article actualisé et nouvelles photos
Jean-Noel
mars 16th, 2010 at 20:03
17Hello
N’oublions pas que Girard-Perregaux a développé les mouvement Quartz en 1970 pour la foire de bâle (en suisse), ce qui explique la Laureato en 40 exemplaires pour les 40ans du quartz de chez GP… J’ai eu l’occasion d’en avoir entre les mains je peux vous dire qu’elles sont magnifiques… il faut voir l’épaisseur part rapport à une automatique Laureato c’est génial… Je rappel que c’est un mouvement Quartz manufacturé Girard-Perregaux.
Salutation à tous
Mr Raymond GENEVAUX
septembre 7th, 2012 at 7:49
18Bonjour,
En 1976, aux Emirats, j’avais acheté une montre à quartz « » Girard Perregaux »". Une magnifique montre, qui m’a rendu de bons services durant de longues années. Puis un jour, elle est tombée en panne. Ne trouvant pas d’horloger pour m’assurer un dépannage, cette montre je l’ai remisé au fond d’un tiroir. Des années ont passées et je viens de l’a retrouver.
Par retour, pourriez vous m’indiquer un réparateur agrée en France qui peut m’assurer la remise en service de cette montre, ou, faut-il retourner la montre à l’usine ?
Dans l’attente d’une réponse.
cordialement. R. GENEVAUX
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