Par Martin Péneau dans les catégories Bâle & Genève 2008 |COMPLICATIONS |Exception |Hi-Tech |Montres suisses
L’Horological Machine N°3 (HM3) de MB&F est tellement éloignée des références habituelles qu’elle peut provoquer une surtension sensorielle. Dans un premier temps, l’esprit tente de pénétrer à l’intérieur du mouvement, qui apparaît dans sa toute sa beauté fonctionnelle sur le haut de la montre, partiellement entouré d’un cercle doté de chiffres de grandes dimensions.

Pourtant, avant même que cette information ne soit assimilée, l’esprit doit intégrer un nouvel élément inédit, la présence de deux cônes qui s’élèvent majestueusement sur un boîtier ciselé en trois dimensions. Comment s’étonner dès lors que de nombreuses personnes peinent à concevoir que cette sculpture dynamique incarne en réalité une montre-bracelet d’une remarquable technicité, qui affiche l’heure et la date avec une originalité absolue.

Comme les individualistes aiment à disposer d’exclusivité, la HM3 est disponible en deux versions: « Sidewinder », sur laquelle les cônes sont placés perpendiculairement au bras et « Starcruiser », avec les cônes situés dans l’alignement du bras. Chaque version possède des caractéristiques visuelles distinctes et chacune affiche l’heure d’une manière très personnelle.
Les deux cônes indiquent respectivement les heures et les minutes. Le cône des heures est de plus surmonté d’une indication jour/nuit. Une roue de date surdimensionnée offre l’espace requis à la présence de grands chiffres aisément lisibles alors que le quantième est indiqué par un triangle délicatement gravé sur le bord du boîtier.
Cependant, c’est le spectacle offert par le mouvement à la finition hors pair, avec son rotor oscillant en forme d’astéro-hache et son balancier à alternances rapides, qui retient le regard et hypnotise les sens. Il suffit de retourner la montre pour révéler le secret qui se dissimule derrière le mouvement inversé de la HM3: il se présente sous la forme de deux grands roulements à billes en céramique qui transmettent efficacement l’énergie aux cônes et à la roue de date.

L’Horological Machine N°3 a été conçue pour illustrer le fonctionnement d’un mouvement à la finition hors du commun. Des ponts aux profils élégants, un balancier aux alternances rapides et le rotor du remontage automatique à la forme emblématique d’astéro-hache, aucun élément ne reste dissimulé au regard. Ainsi, tout en portant la montre, il est possible d’admirer à chaque instant la recherche artistique et technique qui figure au coeur de la HM3 et de scruter avec fascination la vie intérieure de ce mécanisme d’une fabuleuse complexité qui comprend plus de 300 pièces de haute précision.
Le mouvement de la HM3 a été littéralement retourné pour offrir une vision entièrement dégagée sur le rotor en or massif et la célérité des oscillations du balancier. Jean-Marc Wiederrecht, lauréat du Prix du Meilleur Horloger Concepteur, décerné pour la première fois lors de l’édition 2007 du Grand Prix d’Horlogerie de Genève, a mené à bien la délicate mission de transformer en réalité horlogère les conceptions et les dessins de Maximilian Büsser et du designer Eric Giroud. Avec l’appui de son équipe au sein de la société Agenhor, il a atteint et même dépassé l’objectif fixé, avec une stupéfiante virtuosité.
Les Horological Machines de MB&F sont conçues pour des esprits individualistes qui exigent des réalisations artistiques et artisanales d’une exclusivité absolue. Pour répondre aux voeux de passionnés aussi difficiles à satisfaire, l’Horological Machine N°3 est disponible en deux versions: « Sidewinder » sur laquelle les cônes sont placés perpendiculairement au bras et « Starcruiser », avec les cônes situés dans l’alignement du bras. A l’instar de leurs potentiels acquéreurs, chacune des deux versions est à la fois différente et unique.
Les cônes tridimensionnels permettent de lire l’heure d’un seul coup d’oeil, devant un ordinateur comme au volant. Cependant, comme aucune réalisation similaire n’avait encore jamais vu le jour dans le monde de l’horlogerie, sa réalisation a représenté un défi considérable. Les capuchons supérieurs des cônes tronqués sont brasés et non collés pour assurer une étanchéité maximale. Les fines « aiguilles » rouges des heures et des minutes ont, elles, été découpées au laser afin de garantir une précision exceptionnelle et la masse minimale requises par cette disposition originale.
La roue de date surdimensionnée possède un diamètre plus grand que celui du mouvement. Cette caractéristique a permis de la doter de chiffres très lisibles (d’une hauteur de 2,5 mm) et largement espacés. Le quantième est indiqué par un triangle finement gravé sur la partie supérieure du boîtier.

L’omniprésence du rotor « astéro-hache » en or 22 carats sur le cadran de la HM3 contribuera assurément à accroître encore la notoriété de cet élément hautement symbolique, car il est l’emblème de MB&F. Ce rotor mystérieux semble défier les lois de la physique en arborant une symétrie parfaite plutôt que la traditionnelle masse oscillante décentrée. Cette prouesse technique est obtenue par l’affinement de la partie inférieure de l’un des bras du rotor, qui le rend aussi mince qu’une lame de rasoir afin d’en réduire la masse.

Les indications de l’heure sont habituellement situées sur la partie supérieure, côté cadran, du mouvement. Comme le mécanisme de la HM3 est inversé afin d’en illustrer le fonctionnement, une solution efficace devait être adoptée pour transmettre l’énergie du fond du mouvement aux cônes indicateurs, sur sa partie supérieure. L’utilisation de pignons standard sertis dans des rubis aurait requis un rouage complexe, source de friction. D’autre part, la nécessité d’un double support, à leurs extrémités inférieure et supérieure, aurait augmenté la hauteur du mouvement et, de ce fait, celle de la montre. Aussi, en lieu et place des habituels pignons, la HM3 possède deux roulements à billes en céramique de grand diamètre (15 mm). Ils réduisent le nombre de roues dans le train de rouages et diminuent ainsi la friction grâce à leur dimension imposante. Comme ils ne nécessitent un support qu’à une seule de leurs extrémités (la base) en raison de leur exceptionnelle rigidité, ils autorisent la construction d’un mouvement plus plat.
Le cercle de la date surdimensionné possède un diamètre plus grand que le mouvement. Il peut donc comporter des chiffres aux dimensions généreuses (2,5 mm), d’une lecture particulièrement aisée. Ils sont séparés par une distance respectable, un facteur qui accroît encore la lisibilité. Cette disposition a cependant exigé des trésors d’ingéniosité afin de permettre le réglage de la date. Pour des considérations techniques, l’ajustement du quantième devait en effet s’effectuer par le biais d’un poussoir plutôt que par la couronne. Toutefois, un poussoir possède une course d’un millimètre, nettement inférieure aux 4 mm requis pour faire avancer la roue de date. Un ingénieux système pour accroître la course du poussoir a été développé sous la forme d’un rouage qui multiplie par quatre la distance parcourue.

Des cônes tridimensionnels n’avaient jamais été utilisés précédemment pour afficher l’heure. Il n’était donc pas étonnant que leur fabrication ait été considérée de prime abord comme impossible. Heureusement, un fabricant a accepté de relever le défi posé par MB&F . . . et il y est brillamment parvenu. En réalité, la difficulté ne résidait pas tant dans la fabrication des cônes que dans le polissage progressif de leur face interne originellement translucide pour la rendre parfaitement transparente. Les capuchons des cônes tronqués sont brasés (une technique de soudage à haute température) sur leur bordure en or, une solution qui assure l’esthétique voulue et une construction absolument étanche.
La perfection se dissimule dans le moindre détail et la forme s’adapte à la fonction. Ces deux convictions bien ancrées expliquent pourquoi MB&F n’a pas hésité à redessiner les fentes des vis du boîtier pour les doter d’une forme inhabituelle en feuille de trèfle. En effet, des vis à arêtes vives exigent des tournevis aux bordures également acérées, susceptibles de rayer les vis en or polies. Le motif arrondi des têtes de vis de la HM3 n’est pas uniquement agréable au regard, il réduit également les risques d’endommagement. Authentiques oeuvres d’art micromécaniques, les Horological Machines exigent que chaque composant possède une apparence et un fonctionnement irréprochables.
La conception entièrement originale de ce garde-temps caractérisé par ses doubles indications, les jeux de lumière entre les surfaces mates et polies, son rotor mystérieux et son boîtier aux bords inclinés atteste que la HM3 est une Horological Machine à part entière, qui se reconnaît au premier regard.
Mouvement: mécanisme tridimensionnel conçu par Jean-Marc Wiederrecht/Agenhor; rouages et organe réglant Girard-Perregaux, balancier décrivant 28’800 alternances par heure, rotor de remontage automatique ‘mystérieux’ en or rose 22 carats en forme d’astéro-hache; informations pour l’indication des heures et des minutes transmises par des roulements à billes en céramique à des aiguilles découpées au laser. Nombre de rubis: 36 (tous fonctionnels). Nombre de composants: 304
Fonctions: Heure et indicateur jour/nuit sur le premier cône; Minutes sur le second cône; Date autour du mouvement
Boîtier: deux versions: Starcruiser (cônes dans l’alignement du bras) Sidewinder (cônes perpendiculaires au bras); Les deux versions sont disponibles en or blanc 18 carats/titane ou or rouge 18 carats/titane. Couronne vissée; Dimensions (sans la couronne et les cornes): 47 mm x 50 mm x 16 mm, Nombre de composants du boîtier: 53 pour la Starcruiser, 57 pour la Sidewinder; Verres saphir: les cônes et les deux affichages sont traités antireflet des deux côtés.
Bracelet et boucle: bracelet alligator noir cousu à la main avec boucle déployante spécifique en or 18 carats et titane.
Tags:MB&FA propos de MB&F
Après avoir appris et appliqué pendant des décennies les règles et les usages de l’horlogerie, Maximilian Büsser a brisé les chaînes et est entré en rébellion ? une rébellion appelée MB&F. MB&F est un laboratoire conceptuel artistique et micromécanique qui réunit chaque année des collectifs évolutifs de professionnels indépendants de l’horlogerie afin de concevoir et de réaliser de radicales Horological Machines.
Les ramifications de ces projets audacieux sont nombreuses et profondes. Dans le respect d’une tradition qui n’est pas considérée comme une entrave, MB&F allie la haute horlogerie classique aux technologies de pointe pour créer des sculptures cinétiques tridimensionnelles. L’Horological Machine N°3 est le troisième chapitre de la révolution horlogère MB&F; elle incarne une aventure, un enthousiasme et une passion.
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14 commentaires
Time addict
octobre 16th, 2008 at 18:46
1C’est vraiment impressionnant. A chaque nouveau modèle de la série Horological Machine, Maximilian Büsser semble révolutionner l’horlogerie!
Vive MB&F!
G. Domère
octobre 16th, 2008 at 18:49
2C’est curieux de constater cette mode des « concept watches » qui évoluent au fil des ans, Harry Winston et sa série Opus, MB&F et ses HM. Je crois savoir que Monsieur Dufour à l’ambition de s’y mettre aussi, via sa fondation Time Aeon…
Bravo pour ce blog que je lis quotidiennement!
Lénides
octobre 16th, 2008 at 19:53
3Même si je préfère la HM2, je dois avouer que la HM3 est absolument admirable!!! J’aimerai bien avoir l’idée du prix! J’imagine 80 à 100 mille CHF?
D. Epiney
octobre 16th, 2008 at 22:24
4Pour le projet de Dufour, ce sera en partenariat avec Time Aeon.
Par ailleurs, Ozvaldo Patrizzi va reprendre le concept d’Onlywatch pour en faire un concours de concept watch. Pas mal comme idée…
Golden Bridge
octobre 17th, 2008 at 1:26
5Gosh! This watch is really Amazing! I do like MB&F’s creations. Good blog!
Martin Péneau
octobre 17th, 2008 at 1:32
65 commentaires en si peu de temps pour cette nouveauté! La HM3 était décidément attendue.
Avec la crise financière, Maximilian Büsser réussira-t-il à vendre sa » machine horlogère »? La réponse est OUI sans aucun doute. La Horological Machine n°1 2 ou 3 est un bon placement financier, qui connaîtra sûrement une surcote dans de prochaines ventes aux enchères. D’autant que la clientèle potentielle n’est ni européenne, ni américaine, mais asiatique, et là bas, la crise n’a pas eu lieu, ou alors dans des dimensions beaucoup plus réduite…
ik4itb
octobre 17th, 2008 at 13:30
7C’est un grand exploit technique. Mais, d’un point de vue strictement esthètique, je ne pense pas que l’engin fera l’unanimité. Les deux cônes ? On dirait une paire de roupettes !
Martin Péneau
octobre 17th, 2008 at 13:44
8Détail subtil! C’est vrai que l’on pourrait classer cette montre dans la catégorie des montres érotiques!
D’un point de vue esthétique, elle me fait penser à la DE WITT wx-1 “watch concept n°1? . Un engin bizarre et absolument importable! En plus, les cônes ne doivent pas passer sous la manche de la chemise. Même si c’est vrai, on n’achète pas cette montre pour la camoufler…
ik4itb
octobre 17th, 2008 at 13:52
9Exact. C’est le genre de montre qu’on porte avec une Lamborghini, une top-modèle expirée (ou juste chanteuse aphone), et des lunettes de soleil Dolce and Gabbana.
Martin Péneau
octobre 17th, 2008 at 14:21
10Une MB&F sur un poignet, une Rolex Daytona sur l’autre… Et Ray-Ban dans tout ça? Monsieur Sarkozy va-t-il faire une folie?
Re[NO]
octobre 17th, 2008 at 16:13
11Et bien moi, j’ADORE ^_^
Mais je suis client (façon de parler, hein, je n’ai pas les revenus !) pour toutes ces « bizarreries », Romain Jerome, Harry Winston et autres de Grisogono :p
J’ai vraiment des goûts bizarres :/
Bravo pour ce blog en tout cas.
Martin Péneau
octobre 17th, 2008 at 20:09
12C’est vrai que je préfère largement les montres dans le style de MB&F ou Hautlence que celle du style de Cecil Purnell, par exemple… Question de goût sans doute, ou tout simplement question de génération…
ik4itb
octobre 19th, 2008 at 23:01
13Mon genre, c’est plutôt les montres Eterna et Urban Jurgensen & Sohn… Bien évidement, je n’ai pas les revenus compatibles avec. Cela dit, je ne critique pas pour autant les montres excessivement tarabiscotées ou bizarres, ni ceux qui les aiment : chacun ses goûts.
Martin Péneau
octobre 20th, 2008 at 21:11
14Finallement, la haute horlogerie c’est un peu comme la haute couture, on voit défiler des modèles qui feront les tendances de demain…
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